
Chapitre 2 : La rencontre
Au sud Ouest de Idriss, chez les humanis.
Le son d’une mélodie ; jouait sur un piano, berçait la vie des rues du coté de chez les humanis. Cette mélodie venait d’une grande maison blanche qui se situait au bout de l’allée principale, celle qui menait de l’arbre sacré jusqu’à cette habitation, c’était la plus grande de chez les humanis car elle appartenait au comptable de Idriss.
Les humanis étaient un peuple qui ressemblait beaucoup aux êtres humains de l’autre partie du monde mais possédaient des dons de magie blanche dont les olympes recherchaient en vivant à Idriss.
Au piano, une jeune femme jouait les quatre saisons de Vivaldi que lui avait apprit Louka son professeur de piano et aussi un manis damné. Le peuple de Louka était des êtres humains bannis de l’autre partie du monde et ils recherchaient le bien au sein du peuple de Idriss. Son peuple avait la chance de surveiller et veiller au bien être de l’arbre sacré.
Cette jeune femme était la douceur incarnée, sa chevelure longue et ondulée de couleur de la terre fraîchement mouillée retombait sur ses épaules et terminait sur sa chute de reins. Elle avait les yeux d’un ciel d’été qui charmaient les personnes dans lesquels ils se perdaient en oubliant pour quelles raisons ils étaient là. Son visage semblait être de la porcelaine et les traits fins exprimaient la finesse de son caractère.
_ Lizéa, ma fille j’ai besoin de toi ! lui dit sa mère Sulliana en entrant dans la pièce.
Lizéa s’arrêta de jouer et se tourna vers sa mère. Sulliana était une femme belle et humble, elle était toujours à l’écoute de sa fille, elle n’avait jamais souhaitée d’autre enfant tellement elle était comblée et son époux Hartonus était d’accord avec sa femme. Sulliana et Hartonus pensaient que leur fille était un ange pour les protéger de toute malédiction.
_ Lizéa, tu rêves encore quand je te parle
_ Mais non, maman mais je me disais comme tu es belle et les années ne t’abîme pas. Au contraire !
Lizéa usait des compliments car elle n’avait rien écouté.
_ N’essaye pas de m’amadouer, je connais ton regard quand tu es ailleurs.
Lizéa faisait la moue pour calmer et faire rire sa mère.
_ Bon arrête de faire cette moue, je te demandais si tu pouvais aller chercher l’élixir à l’arbre sacré ?
_ Je veux bien mais qu’est-il arrivé à la personne qui s’en occupait ?
_ Elle est malade et je ne lui ai pas permis de venir travailler. Je ne veux pas qu’on pense que je suis un bourreau !
_ Toi, jamais ! Tu es trop gentille !
Lizéa lui sauta au cou et l’embrassa en la serrant dans les bras. Une servante entrait dans la pièce au moment de cet échange complice.
_ Mesdames, votre mari vous demande dans son bureau !
_ Janelle, je ne vous permets pas de nous appeler « madame » ; insista Sulliana sur un ton aimable avec un sourire, vous faites partie de la famille comme le reste de l’équipe.
_ Oui, madame enfin je veux dire Sulliana.
Janelle, la servante sortit de la pièce en compagnie de Sulliana. Lizéa referma le piano et sortit de la pièce vers le hall d’entrée où l’attendait une jarre en cristal dont les rayons du soleil avaient fait des reflets sur son visage et l’avait éblouie. Elle avait pris la jarre, avait été cherchée sa licorne, l’avait soigneusement rangée dans un grand sac et l’avait installée sur Dounia.
Dounia était une jeune licorne blanche qui scintillait de mille lumières, elle était une partenaire d’exception dans les missions que lui confiait son père.
Hartonus, son père était le comptable de Idriss et Lizéa l’aidait à récolter les dons pour la vie de communauté.
Lizéa était à mi-chemin quand une jeune femme brune du même âge qu’elle, l’interpella et s’approcha d’elle.
_ Salut Lizéa !
_ Salut Cornélia ! Comment ça va ?
_ Ca va ! Où vas-tu avec Dounia ?
_ Ma mère m’a demandé d’aller chercher de l’élixir à l’arbre sacré ; tout en regardant la jarre de Cornélia, et je suppose que tu y vas aussi ?
_ Oui donc on y va ensemble, j’ai plein de choses à te raconter !
Les deux femmes partirent enchantées et ensemble vers l’arbre sacré.
Cornélia était la meilleure amie de Lizéa, elle était aussi une humanis mais sa famille était plus modeste et ne possédait pas d’aide ménagère. Cornélia était chargée de s’occuper de l’élixir qui ne suscitait qu’une ou deux fois par mois, elle ne vivait qu’avec sa mère et sa petite sœur. Elle avait perdu son père alors qu’il était parti chercher un enfant des bois magiques dans l’autre partie du monde. Il avait eu le malheur de se faire poignarder par un inconnu qui lui demandait de l’argent.
Le jour où Cornélia avait apprit la mauvaise nouvelle, elle s’était jurée de ne jamais aller dans cet endroit horrible. Elle était étonnée que Aaron, l’oncle de Lizéa aime travailler là-bas mais elle ne voulait pas le contrarier car il était très gentil et lui offrait toujours des jolies robes ainsi que du maquillage dont Cornélia et Lizéa adoraient essayer ensemble.
Elle était une jeune femme dont ses cheveux longs, bruns et raides, intensifiaient son regard marron et ses lèvres pulpeuses s’accordaient parfaitement avec l’ensemble de son corps. Tous les jeunes hommes se retournaient sur son passage pourtant elle ne portait pas de tenue provocatrice mais ses rondeurs bien placées donnaient envie de la regarder.
Tout au long qu’elles avançaient, elles parlaient de tout et de rien.
A l’Est de Idriss, chez les olympes.
_ Julian, lève-toi ! Il est déjà neuf heures et demie et tu dois aller chercher l’élixir à l’arbre sacré.
Ambrine, la mère de Julian venait d’entrer dans la chambre et ouvrait les rideaux pour le faire sortir de ses rêves.
Ambrine était une olympe, c’était une femme timide mais qui était vite chassée quand cela concernait son fils Julian et son mari Filandro. Elle avait généralement le cœur sur la main et offrait son amour ainsi que son enseignement aux enfants du peuple olympe.
Les olympes étaient des êtres humains à la recherche de la magie blanche qui faisait vivre Idriss. Ils se faisaient appeler « olympe » en hommage à l’image de l’homme que représentaient les mythologiques grecs. Les premiers olympes pensaient et voulaient démontrer qu’ils étaient supérieurs aux autres peuples qui vivaient à Idriss. Mais plus ils vivaient avec les différents peuples de Idriss, plus ils changeaient leurs opinions et ils aimaient apprendre les différentes magies blanches.
_ Julian, ne fait pas celui qui dort ; lui dit Ambrine en le secouant et en jetant les couvertures vers le bas.
_ Maman, c’est bon ! Je me lève …
Julian remonta les couvertures et se mit l’oreiller sur la tête, sa mère le regarda faire les poings sur les hanches et les sourcils froncés.
_ Julian ; sa mère haussa le ton, lève-toi tout de suite ou c’est à ton père que tu devras rendre des comptes.
Sur ces mots, Julian se leva brusquement et sourit à sa mère.
_ Je rigolais maman, je voulais voir jusqu’où tu pouvais aller. Tu t’améliores maman ! dit Julian au bord du fou rire.
_ Bon alors tu as fini de jouer, dépêche-toi !
Julian s’amusait à pousser sa mère à bout pour lui faciliter de chasser sa timidité. Il était un jeune homme d’une beauté étonnante, ses cheveux bruns légèrement frisés et d’une brillance intense donnaient envie d’y passer la main. Son regard charmeur envoûtait toutes les femmes y comprit sa mère, il savait les manipuler d’un simple regard, d’un grand sourire et ses yeux bleus-vert faisaient une alliance du ciel et de la forêt. Ses épaules d’une largeur moyenne, son torse musclé et ses bras protecteurs faisaient de l’effet auprès des jeunes femmes. Il ne croisait pas beaucoup de femme car il passait son temps à travailler aux plaines sacrées mais depuis peu il devait aller à l’arbre sacré. La chance de rencontrer l’amour n’était pas avec lui car à chaque fois qu’il y allait, il n’y avait personne …
Sa mère Ambrine sortit de la chambre et laissa son fils se préparer.
Julian s’habilla et se dirigea vers l’extérieur, prit sur le passage de quoi déjeuner, la jarre en terre cuite posée à coté de la porte et s’engagea sur le chemin qui menait à la maison de son meilleur ami Taïgon. Lorsqu’il arriva devant chez son ami, il l’attendait déjà sur le pas de la porte.
_ Hé ! Salut Julian ! Ca fait une heure que je t’attends, tu as du faire enrager ta mère !
Julian se mit à rire et Taïgon fit de même.
_ Ouais! Et t’aurais du la voir comme elle était en colère mais elle m’aime tellement qu’elle ne m’a nullement puni.
_ Tu devrais pas trop jouer avec ses nerfs, on ne sait jamais ! dit Taïgon avec un air très sérieux pour faire peur à son ami.
Taïgon était lui aussi un olympe qui vivait seul avec sa grande sœur. Ils s’étaient enfuis de chez leurs parents qui habitaient dans l’autre partie du monde car ils ne supportaient plus la pauvreté et la haine de leurs parents envers eux.
Leurs parents les avaient obligés à travailler dès cinq ans pour Taïgon et dix ans pour sa sœur. Sa grande sœur devait vendre son corps à des hommes bruts en quête de sexe et Taïgon devait voler les portefeuilles des personnes âgées ainsi que mendier devant les magasins. Quand ils n’avaient rien gagné, ils n’avaient pas droit de rentrer et de toute manière, ils préféraient dormir sur un banc !
Jusqu’au jour où sa grande sœur avait entendu parler d’un endroit où les gens pouvaient retrouver le bien, cet endroit, c’était Idriss et pour trouver le chemin, elle avait fait la route avec un jeune homme nommait Kelian et bien-sûr, avait emmené son frère Taïgon.
Taïgon avait un charme intérieur et un humour que ne comprenait pas le peuple de Idriss. Il était un peu plus âgé que Julian et ce dernier le considérait comme le grand frère qu’il n’avait jamais eu.
_ Alors, on y va ! lui dit Taïgon
_ Moi je suis prêt mais toi, tu devrais prendre de quoi mettre l’élixir de l’arbre sacré
_ D’accord, j’arrive !
Taïgon alla chercher sa jarre et ressortit de la maison
_ Ca y est, je suis prêt ! On y va !
Taïgon se plaça à coté de son ami et commença leur marche en bavardant des misères que faisait subir Julian à sa mère.
Taïgon et Julian travaillaient ensemble dans les plaines sacrées qui s’étendaient du Nord à l’Est de Idriss.
Taïgon était amoureux d’une jeune femme du peuple olympe et à chaque fois que Julian les voyait ensemble cela le rendait joyeux de savoir que son ami était amoureux malgré son horrible enfance mais Julian était à la fois triste car il était seul et recherchait l’amour d’une femme.
Mais le problème était que ses parents voulaient qu’il épouse une femme olympe et ils avaient déjà choisi la femme qu’il devait épouser, elle s’appelait Orlana.
C’était une jeune femme très belle mais Julian ne l’aimait pas et sentait une force malsaine qui ressortait d’elle.
Au centre de Idriss, à l’arbre sacré.
La place de l’arbre sacré était à cette heure du matin, le moment le plus agréable de la journée et c’était l’endroit où les rencontres étaient les plus possibles à cette heure précise.
A peine arrivés, Taïgon et Julian s’avançaient vers l’arbre sacré. Julian était heureux d’enfin voir autant de femmes et d’hommes dans un même lieu. Il examina chaque visage qui se trouvait sur la place, des visages ridés par l’histoire de leur vie, leurs souffrances et leurs joies. Il y avait aussi des elfes cachés sous des toges et des turbans sur la tête pour cacher leurs grandes oreilles, ils étaient près de la boutique qui vendait toutes les récoltes de légumes et de fruits mais au fond une pièce était réservée aux produits magiques que seules quelques personnes étaient autorisées à y pénétrer. Les manis damnés s’étaient regroupés près du bureau de la deuxième chance, c’était un endroit où ils devaient se rendre pour connaître leur évolution au sein de Idriss. C’était aussi le lieu où les nouveaux manis damnés qui arrivaient de l’autre partie du monde se présentaient pour savoir où ils devaient vivre.
Soudain près de l’arbre sacré, un visage se détacha de la foule, il sentit son cœur s’accélérait, des frissons lui parcouraient le long de la colonne vertébrale et il lui semblait que le temps et la place se figeaient. Quand il s’arrêta, il était tout près d’elle et il ne pouvait plus détacher ses yeux de son visage. Elle avait une douceur dans ses gestes, sur son visage et sa voix était si douce… Contrairement à son amie qui l’accompagnait, l’autre jeune femme était plus sensuelle mais Julian préférait les femmes plus douces avec une sensualité différente de son amie.
La jeune femme se redressa et s’arrêta de parler quand son amie lui indiqua qu’un bel homme la dévisageait, Julian sursauta et fit un pas en arrière. Ce bel homme, c’était lui !
La jeune femme le regarda puis baissa la tête tout en rougissant ce qui fit sourire intérieurement Julian.
_ Lizéa, ne soit pas timide ! s’exclama son amie
_ Tu dois te tromper, c’est toi qu’il regarde ! constata Lizéa, tu es bien plus belle que moi !
Cornélia rigola, s’avança vers Julian et lui dit :
_ Bonjour, je m’appelle Cornélia et cette ravissante jeune femme c’est Lizéa !
_ Enchanté, souffla-t-il avec un sourire charmeur, mon ami s’appelle Taïgon et je suis Julian !
_ Bonjour les filles, répliqua Taïgon.
A peine Taïgon s’était tourné vers les jeunes femmes pour les saluer, elles furent surprises par le collier qu’il portait autour du cou, il avait un pendentif doré en forme de bouclier avec un O majuscule entièrement incrusté de diamant.
_ Vous êtes des olympes ? demanda enfin Lizéa après un long moment de silence et un regard échangé avec son amie.
_ Oui, cela vous fait peur ? répliqua Julian
_ Non, non ! C’est que nous ne voyons généralement pas d’homme olympe ; admit Cornélia, vous êtes aux plaines sacrées d’habitude !
_ Nous les humanis pensaient que vous avez attribué ses tâches qu’aux femmes ; ajouta Lizéa tout en rougissant encore.
_ Maintenant je vois pourquoi ils nous ont dit d’aller à l’arbre sacré depuis quelques jours ; s’écria Taïgon, c’est sans doute pour chasser les rumeurs. Nous ne sommes pas des machots…
Taïgon prit un air sérieux puis éclata de rire.
Lizéa avait remarqué les deux jeunes hommes arrivés sur la place quelques minutes plutôt. Elle avait trouvé que Julian avait une beauté… troublante même perturbante car elle avait provoqué en elle une confusion de ses sens. Elle avait eu une envie irrésistible de se blottir dans ses bras sans même le connaître mais elle s’était ressaisit car elle pensait qu’un homme aussi beau ne pouvait s’intéresser à elle.
Sa mère et Cornélia essayaient sans cesse de lui dire qu’elle était très belle, qu’elle avait l’âge de se marier ou d’aimer un homme et qu’elle pouvait choisir celui qu’elle voulait. Il fallait qu’elle ose c’était tout !
Lizéa se lança et murmura aux deux jeunes hommes :
_ Voulez-vous que nous allions nous rafraîchir à la taverne et nous pourrons faire connaissance ?
La question avait dû surprendre les jeunes hommes car un long silence se fit et Lizéa sentit son cœur battre la chamade et cru qu’il allait exploser ne pouvant plus suivre la cadence, ses mains devenaient moites et même elle faillit lâcher la jarre qu’elle rattrapa de justesse.
_ Oui bien évidemment ; répondit Taïgon en remarquant Julian hypnotisé par la proposition de Lizéa.
On aurait cru qu’il était comme un serpent charmé par la douce voix mélodieuse de Lizéa. Taïgon remarqua que son ami était tombé amoureux de la jeune femme et imaginait la colère des parents de Julian en sachant ce qui se passait entre les jeunes personnes. Taïgon n’avait jamais vu son ami dans un état pareil car d’habitude il était plus entreprenant et n’était pas déstabilisé par une femme, c’était plutôt le contraire.
Selon les traditions olympes, ils devaient se marier entre eux de plus en plus le peuple ne les appliquait pas. Mais les parents de Julian aimaient les traditions et les respectaient.
Taïgon prit les jarres des jeunes femmes et les installa sur Dounia qui attendait sagement près d’eux.
_ Voilà, nous y allons ; s’exclama Taïgon en prenant Lizéa par le bras puis attrapa les rênes de Dounia.
Julian resta derrière avec Cornélia, la jeune femme prit la décision d’entamer la discussion.
_ Vous êtes célibataire ?
_ Pardon ! s’écria-t-il avec étonnement
Julian pensa qu’elle méritait d’être directe mais il n’osait pas lui mentir car elle était tellement gentille.
_ Je suppose que non car vous êtes bel homme ! ajouta-t-elle
_ C’est vrai je suis fiancé mais à contre cœur !
Cette réponse intriguait Cornélia mais cette fois, elle s’abstient d’être trop curieuse.
_ Juste une chose, Cornélia…
_ Quoi ?
_ Arrêtons de nous vouvoyer. On a l’impression d’être très vieux. Et les amis ne se vouvoient pas !
_ D’accord, d’ailleurs je déteste ça !
A l’instant où la conversation se termina, ils entraient sur la terrasse de la taverne. Taïgon était allé amener Dounia à l’abreuvoir pendant que les autres s’installaient à une table. Ils étaient restés là en train de faire connaissance pendant près d’une heure où ils avaient discuté et partageaient leur envie, leur passion et plein d’autres choses. Ils partageaient des fous rires qui attirèrent l’attention des passants.
Tout le temps où ils discutaient, Lizéa sentait son cœur s’enivrer comme un tourbillon qui l’emportait, tellement fort qu’elle ne pouvait lutter mais elle se sentait bien là avec eux. Avant de se quitter, Taïgon leur avait proposé qu’ils se retrouvent sur les plaines sacrées pour admirer le coucher de soleil le lendemain après midi.
Il était presque onze heures et quart quand les jeunes femmes avaient reprit la route vers chez elles ; Cornélia voyant que Lizéa était absente dans les plus profonds songes, tout en la poussant d’un coup de hanche elle lui dit :
_ Tu penses à quoi ? A ce bel homme, Julian ?
Lizéa la dévisagea et jura intérieurement de ne pas savoir cacher ce qu’elle pensait auprès de son amie. Avant de répondre elle prit un air innocent :
_ Non, non ! Qu’est ce que tu racontes ?
_ Arrête de mentir, je sais lire dans tes pensées et je te connais par cœur.
A vrai dire, Cornélia avait un lourd secret qu’elle n’avait pas droit de l’avouer à son amie. Elle savait ce que pensait Lizéa car elle avait le don de télépathie et c’était les parents de son amie qu’ils lui avaient fait jurer de ne rien dire avant ses vingt ans. Ces temps ci, elle se sentait rassurée car dans quelques jours, Lizéa allait avoir ses vingt ans. Dans trois jours et enfin elle lui dira tout.
_ Tu sais, Lizéa ! Avant de rentrer à la taverne, il m’a dit qu’il n’était pas célibataire !
_ Ah… !
Lizéa voyant que son amie regrettait ce qu’elle venait dire, elle ajouta :
_ Je crois que c’est trop tard car ce que tu viens de me dire m’a provoqué un pincement au cœur et…
_ Je sais…mais je ne suis pas sur qu’il l’aime vraiment !
Cela faisait mal à Cornélia de savoir son amie tombé dans un amour qui lui ferait mal. Cornélia prit son amie Lizéa dans ses bras pour la consoler, la rassurer et la mettre en confiance.
Tous les peuples de Idriss savaient que les humanis possédaient des dons de magies blanches et selon les lois imposées par les selkias blancs, ils ne devaient pas mettre au courant les jeunes avant leur vingt ans de leur pouvoir magique.
Cornélia était pressée d’enfin avouer ce monde magique qu’elle avait découvert, il y a deux mois. Et aussi, elle se posait la question du don que pouvait avoir Lizéa.
Elle se souvenait qu’avant de recevoir son pouvoir, elle faisait des rêves prémonitoires mais elle croyait que c’était juste une coïncidence ou une simple intuition. Dans trois jours, elle saurait tout et Cornélia sera soulagée de ne plus lui cacher quelque chose.
Le lendemain après-midi, Dounia galopait à vive allure vers les plaines sacrées avec sa cavalière Lizéa. Elle avait les cheveux détachés et volaient dans le vent chaud des plaines, elle portait un pantalon large de couleur prune avec un bustier écru qui mettait sa poitrine en valeur et une sacoche était attachée à la selle. Elle pressait le galop parce qu’elle pensait que Cornélia était déjà partie alors que cette dernière s’était cachée pour que son amie se retrouve seule avec Julian. Cornélia avait organisé avec Taïgon de les laisser en tête-à-tête et Lizéa ainsi que Julian ne se doutaient de rien.
Quand elle s’approcha des plaines sacrées, elle ralentit le pas et vit les deux jeunes hommes qui l’attendaient sur la route. A peine, elle avait rejoint les deux jeunes hommes qu’elle leur demanda :
_ Salut, Cornélia n’est pas là ?
_ Non, mais reste quand même, peut être qu’elle nous rejoindra plus tard ! rassura Taigon.
Lizéa descendit de la licorne et Taigon prit les rênes.
_ Je m’occupe de ta licorne !
_ Elle s’appelle Dounia ! annonça Lizéa de peur que le silence s’installe.
_ « Dou » comme doux, douceur comme sa maîtresse ! lui souffla Taigon en la poussant gentiment.
Subitement elle sentit une main se glisser dans la sienne, c’était celle de Julian et il l’entraîna en courant.
_ Viens vite ! Je vais te faire montrer quelque chose d’exceptionnel…
_ Où on va, Julian ?
Lizéa se sentait bien là près de lui, une sensation étrange lui parcourait tout le corps et elle sentait une énergie qui passait par leur main comme si l’un ne pouvait pas vivre sans l’autre. Pour elle, elle savait que c’était lui l’homme qu’elle aimerait toujours mais comment faire car il était fiancé à une autre.
_ On va là-bas, tu vois près de l’arbre ! Il y a un banc où l’on pourra s’asseoir.
Dans la voix de Julian, il y avait une certaine excitation et une joie de pouvoir la revoir. Il avait pensé à elle toute la nuit et dès qu’il fermait les yeux il voyait son visage. Mais aussi toute la journée, il s’était pressé dans ses taches en espérant que les heures avancent aussi vite que lui, l’attente avait été longue et ne pensait qu’à leur retrouvaille.
Lorsqu’ils furent presque arrivés au banc, Julian avait ralenti pour permettre à Lizéa de reprendre son souffle et continua en marchant. Tout en s’approchant du banc, ils découvrirent un pique-nique installé pour deux personnes et quand ils se retournaient pour interroger Taïgon, il avait disparu avec Dounia. Julian et Lizéa se regardaient étonnés puis ils se mirent à rire et elle lui dit :
_ C’est une idée de Taïgon et Cornélia, ils voulaient qu’on se retrouve ensemble je ne sais pas pourquoi… On dirait un repas pour amoureux, c’est stupide car tu es fiancé !
_ Maintenant qu’il est là, mangeons avec bon appétit ; répliqua Julian en ignorant les derniers mots de la jeune femme. C’est vrai, ils ont du y mettre dû temps à tout préparer …
_ Regarde…. !
Le coucher de soleil venait de commencer, ils s’asseyaient tous les deux sur le banc et sans se rendre compte, Lizéa s’était blottis dans les bras de Julian. Le coucher de soleil sur Idriss vu des plaines sacrées était incroyable, le doré oranger du soleil se mélangeait avec un rose parfois bleuté qui s’étendait sur l’horizon au-dessus du manoir des selkias et celui des amonia. Le ciel faisait son défilé de tous les bleus qu’il avait en réserve et c’était le spectacle le plus beau qu’offrait la nature même les arcs-en-ciel n’étaient pas aussi beaux.
Après de longues minutes de ce spectacle solaire, le soleil laissa la place aux étoiles et ils avaient déjà commencé à déguster le repas préparé par leurs piégeurs quelques heures plus tôt. Tout en dînant, ils regardèrent les étoiles et ils pouvaient apercevoir parfois des étoiles filantes. Ils s’étaient racontés à quoi ils pensaient à chaque fois qu’ils regardaient les étoiles. A force de discuter, ils s’étaient trouvés plein de points communs et Lizéa avait pensé qu’ils se seraient très bien complétés ensemble mais il était fiancé à Orlana. Vers la fin de leur repas, un cri de douleur traversa les plaines et interrompit leur discussion.
_ AIIIIIEEEEEEE !!!!!!!
Le cri avait résonné dans les cultures de mais ce qui avait fait sursauter Lizéa et Julian. Ils se levèrent tous les deux pour aller voir quand elle le rattrapa par la main et lui dit d’une voix apeurée :
_ Attend ! C’est peut être dangereux !
Julian fut attendri par cette inquiétude qu’il avait entendu et vu dans les yeux de Lizéa, elle voulait le protégeait.
Au même moment, des rires se firent entendre et ils virent Taïgon et Cornélia recouverts de boues.
_ Désolé, de vous déranger mais c’était tellement drôle ! s’exclama Cornélia.
_ C’est nous qui vous faisons rire ? pesta Julian furieux.
_ Non, c’est notre chute et…ahahahaha…la boue ! admit Taïgon qui pouffa une nouvelle fois.
Dounia, pendant ce temps, était parti manger les restes du repas. Attirés par le bruit d’un hennissement joyeux de Dounia, ils regardèrent tous vers le banc et ils se mirent à rire. Après un long moment de rigolade ils se calmèrent et Taïgon réussit par dire :
_ On devrait rentrer sinon ils vont s’inquiéter au village !
_ Ouais! Allez viens Lizéa. Merci pour tout je me suis bien amusé Taïgon.
_ Oh de rien !
_ Julian, merci pour cette soirée inoubliable ; glissa-t-elle discrètement à Julian pendant que Cornélia disait « bonsoir » à Taïgon.
Aussitôt après leur avoir dit bonsoir, les jeunes femmes montaient sur Dounia et elles partirent au galop vers chez elle.
Puis ce fut au tour des deux hommes de rentrer et pour aller plus vite Taïgon avait amené deux chevaux et partirent de même. Julian était heureux et amoureux car il avait des nouveaux souvenirs dont Lizéa faisait parti. Sur le chemin, il n’avait cessé de remercier son ami, il espérait rêver d’elle et il avait raconté à Taïgon tout ce qu’il avait ressenti et vécu…
Il pensait que c’était elle…qu’il aimait !
A suivre...
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